Nos propositions pour une PAC audacieuse, une Europe forte et protectrice.

1957 : Le traité de Rome crée la Politique Agricole Commune

En mettant en œuvre la PAC, les États se sont dotés d’outils puissants permettant d’orienter l’agriculture en fonction d’un objectif stratégique : assurer l’autosuffisance alimentaire. Au sortir de la guerre, cette première grande politique commune a été incontestablement vectrice de paix dans une Europe exsangue.

 

2017 : 60 ans après où en est le Commun ?

Les réformes successives ont accompagné la libéralisation des échanges au nom de la concurrence oubliant l’exception « agriculturelle ».
Les objectifs de 1999 sur le respect de l’environnement et le développement rural ont montré leurs limites : la destruction de la biodiversité et les problèmes de pollution s’accentuent, les fermes s’agrandissent, et les fractures territoriales s’accentuent.

Le toujours plus, plus grand, plus technologique, plus fragile, l’emporte sur le mieux, sur les savoirs -faire, sur la création d’une réelle valeur économique et sur l’impérieuse nécessité de bien nourrir tous les européens.
La défiance immense à l’égard de l’Europe nourrit les nationalismes les plus exacerbés.

Le sursaut est nécessaire.

Profitons de la pause dans la négociation avec l’OMC, des accords bilatéraux avec les États-Unis et de l’enjeu des élections présidentielles pour écrire une nouvelle page de l’histoire agricole européenne.
Ne pas oser la réorienter durablement c’est prendre le risque de sa disparition après 2020.

 

POUR UNE POLITIQUE AGRICOLE ET ALIMENTAIRE COMMUNE
Vers un nouveau contrat entre agriculture et société

« Les gens sont nourris par l’agroalimentaire qui ne s’intéresse pas à la santé et soignés par l’industrie pharmaceutique qui ne s’intéresse pas à l’alimentation »
(Gérard Choplin, analyste-rédacteur indépendant sur les politiques agricoles, commerciales et alimentaires)

La France bénéficie de 9 milliards d’euros par an sur le budget de la PAC (56 milliards sur la période 2014-2020 sur un budget agricole européen de 362 milliards)
Pour accompagner le changement, ce budget européen doit être réorienté.
Mettons à profit la révision de la PAC en 2020 pour élaborer ce nouveau contrat attendu par une grande majorité de citoyens.

 

Il s’agit de garantir la souveraineté et l’autosuffisance alimentaire de l’Europe et des autres régions du monde dans un contexte de réchauffement climatique en accompagnant le changement vers une agriculture plus économe qui produit une alimentation de qualité, saine et accessible, protège les travailleurs de la terre et l’environnement et assure le renouvellement des ressources naturelles.

 

Pour parvenir à cet objectif, nous devrons :

  • Redéfinir les objectifs de la PAC non modifiés depuis 1957
  • Réguler les marchés agricoles et alimentaires par la maîtrise et la répartition des volumes
  • Réactualiser nos systèmes tarifaires au niveau européen afin de protéger nos marchés intérieurs et nos productions notamment celles sous signes officiels de qualité
  • Rémunérer la création de services environnementaux et socio-économiques sur les fermes autour de la notion de « biens publics » rendus par l’agriculture

 

Nos propositions pour une réorientation des aides conditionnées à la durabilité des pratiques agricoles et orientées vers l’emploi :

  • Une aide socle à tous les agriculteurs afin de soutenir les petites fermes et d’éviter leur disparition.
  • Des aides plafonnées par exploitation
  • Des aides qui rémunèrent les biens publics environnementaux et sociétaux : bonne qualité de l’air et de l’eau, biodiversité, valorisation des paysages, les préservation des sols , adaptation au changement climatique…

 

Nos propositions pour des politiques publiques au service d’un développement rural équilibré.

Nous proposons que 50% du budget européen consacré à l’agriculture et au développement rural soit destiné à soutenir :

  • La demande intérieure pour financer :
    • les repas en restauration collective à partir de produits sains et locaux
    • des outils de transformations de produits alimentaires à dimension humaine (de l’abattoir multi-espèces à la légumerie)
  • L’installation en agriculture biologique paysanne et durable en assurant le financement de toutes les conversions et le maintien en agriculture biologique pour rémunération des services rendus;
  • Le maintien d’une agriculture diversifiée et durable :interdiction des OGM,autorisation de la sélection génétique végétale et animale par les paysans en lien avec leur territoire, encouragement plus important à l’autonomie protéique pour mettre fin au pillage des pays en voie de développement et accroître la valeur ajoutée sur les exploitations;
  • Une politique de revitalisation agronomique des sols (Plan climat)
  • Des mesures de soutien au développement des filières équitables Nord/Nord

 

Plus généralement, l’Union Européenne doit reconsidérer ses territoires ruraux comme attractifs et porteurs de dynamiques nouvelles.
Le projet politique européen ne se fera pas en oubliant ces territoires ou en les considérant « comme encombrants »*
L’aménagement du territoire doit être repensé pour freiner la métropolisation et les disparités croissantes entre les territoires.

Les financements européens ont un rôle essentiel pour :

  • Conforter les petites entreprises rurales
  • Soutenir la création d’activités notamment autour de la transition énergétique et numérique
  • Financer des services adaptés aux zones rurales et aux populations pour diminuer les fractures Rural-Urbain

 

Une Politique Agricole et Alimentaire Commune d’intérêt général plus Juste
plus Écologique est nécessaire pour plus de cohérence
au sein de l’Union Européenne.

 

Volontaristes, nous le sommes.
Nous ne demandons pas plus de budget mais une réorientation des aides et de nouveaux outils de régulation.

 

Une Europe forte et protectrice pour notre environnement, notre santé et notre alimentation,
c’est possible en maintenant une paysannerie nombreuse et diversifiée,
c’est possible an confortant les territoires ruraux.
VIVEMENT 2020 !
*Séminaire de l’institut Jacques Delors : l’Union Européenne et ses te territoires ruraux : un héritage encombrant…

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