Augmentation de 24 % des ventes de produits phytopharmaceutiques : un nouvel échec du gouvernement en matière d’écologie
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Le gouvernement a présenté ce mardi 7 janvier 2020 l’évolution des quantités vendues de produits phytopharmaceutiques en 2018 devant le comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du plan national de réduction des produits phytopharmaceutiques, Écophyto 2+.

Résultat, les ventes ont bondi de 24% entre 2017 et 2018 pour les usages agricoles (en nombre de doses unité). Depuis 2009, sur l’ensemble de la période couverte par Ecophyto, les ventes auront augmenté de 25% (entre 2009-2011 et 2016-2018, en moyenne triennale), alors que l’objectif était de diminuer les ventes de pesticides de 50 % en 10 ans, que cet objectif a déjà été repoussé à 2025, et que l’objectif intermédiaire de réduction de 25 % en 2020 apparait d’ores et déjà inatteignable.
Ce constat marque l’échec du plan Ecophyto et plus largement des lois d’objectifs en matière écologique, lorsqu’elles ne comportent ni contraintes, ni moyens. Une décennie d’inactions, et de manque de volonté politique, les gouvernements successifs ne s’appuyant, pour atteindre les objectifs, que sur l’évolution volontaire des pratiques agricoles. Aucun moyen n’est mis en œuvre pour aider les agriculteurs à sortir d’une dépendance toujours forte aux pesticides chimiques.

Après l’arrêté sur les épandages qui fixe les distances de précaution entre 5 et 10 mètres des habitations, selon les types de cultures, pour 99,7 % des pesticides, ce point d’étape du plan Ecophyto démontre une fois de plus, l’incapacité de ce gouvernement à prendre la mesure des enjeux écologiques et à y apporter des réponses.

Europe Écologie Les Verts appelle à des mesures volontaristes et urgentes en matière d’usage des produits phytopharmaceutiques : déclinaison des objectifs par culture et par territoire, sanctions financières en cas de non-atteinte des objectifs, primes pour les agriculteurs mieux disant, révision de la Poitique agricole commune (PAC) pour engager l’ensemble des fermes dans la transition agroécologique (conditionnalité renforcée) et rémunérer les services environnementaux rendus (conditionnalité positive), développement massif de l’agriculture biologique comme solution centrale pour réduire la dangerosité des phytosanitaires. La PAC peut-être un outil de la transition écologique, mais le gouvernement démontre par ses pratiques qu’il préfère la mettre au service de l’agrobusiness et des lobbies de la pétrochimie, au détriment de la santé des humains et de la nature.

Les porte-parole d’EELV

Le Bureau de la Commission Agriculture et Ruralité